En général, au-delà de la formidable connaissance que les scriptes ont du scénario, elles font souvent preuve d'une grande subtilité et sont très cinéphiles. Bernard Giraudeau

Rencontre LMA / LSA

Questionnaire

Publié le 7 novembre 2007

Synthèse des résultats de l’enquête LSA destinée aux Monteurs


Présents : Sylvette Baudrot, Eve Bovier-Lapierre, Catherine Coste, Laurence Couturier, Sandra Di Pasquale, Betty Greffet, Bénédicte Kermadec, Marie-Annick Le Guern, Dominique Piat, Isabel Ribis, Marie-Flo Roncayolo et une trentaine de monteurs LMA.

Marie-Flo Roncayolo remercie tous les monteurs (35) qui ont répondu à notre questionnaire puis nous présente cette synthèse. Nous y avons noté en rouge les points qui nous paraissent les plus importants. Le micro passera de mains en mains après chaque partie thématique pour les réactions et apports plus précis de la part de scriptes ou de monteurs.

A) Les contacts Scripte/Monteur :

Contacts avant tournage : un tiers seulement des Monteurs dit en avoir de manière habituelle

Contacts pendant et après : sont encore beaucoup plus rares - 2 à 5 réponses -
(NB : les rushes n’existent plus…)

Formes : parfois simple coup de fil / ou rencontre informelle /

Très rarement : réunion de début de tournage avec tous les chefs de poste impliqués dans la post-production (monteur /scripte /ingénieur du son /réalisateur /directeur de production /prestataires divers /effets spéciaux / etc.)

But de ces contacts : travailler en bonne intelligence, coordonner nos codes communs

Avant : · Les monteurs apprécient que les Scriptes prennent l’initiative de les contacter
· Echanges porteront sur : ce à quoi il est vraiment important de faire attention, ce qu’il est vraiment nécessaire de noter compte-tenu de ce film en particulier, sur une façon de numéroter, etc.
· S’il existe une entente entre S. et M., la/le S. en sera d’autant plus la voix du M. sur le plateau, pour contrer des phrases du type « ils se débrouilleront au montage » ou « pas la peine de faire des claps »

Pendant : · Quand le montage a commencé avant la fin du tournage, S.et M. ne devraient pas craindre d’échanger en toute confiance leurs inquiétudes, leurs souhaits
· Partager des infos, discuter des plans manquants : le monteur doit pouvoir demander à la/au scripte un plan supplémentaire sans qu’elle/il se vexe
· Une relation de confiance et de dialogue sans crainte et sans reproche
· Certains M. aiment le retour de la scripte sur l’ambiance ou les difficultés du tournage d’autres au contraire veulent rester vierges de tout cela

Après : · Ils sont heureux de nous voir sur le montage, aimeraient que nous nous y intéressions davantage : c’est la finalité de notre travail
· Projections de montage : notre présence peut être très riche si nous savons nous positionner justement… Notre avis est attendu sur le récit, les émotions, le rythme, plutôt que sur les raccords…

Il est très important pour les M. (la moitié des réponses dans ce sens) de posséder la continuité et le pré-minutage avant le tournage. Sinon c’est l’assistant monteur qui fait cette continuité mais ce serait mieux d’avoir celle de la scripte !

Il est aussi très important pour les M (plus de la moitié des réponses encore dans ce sens), d’avoir en cours de tournage, les modifications de la continuité. C’est-à-dire ce qui concerne l’évolution du scénario et de la séquence :
séquences supprimées, inversées, déplacées (mieux vaut savoir cela que de patauger ou de commencer à monter des plans d’une séquence qui sera finalement abandonnée) séquences terminées/complètes, plans manquants (seront tournés quand ?), plans à retourner…

C’est dans une moindre mesure que les M. sont intéressés par le minutage réel, sauf dans le cas des séries où le format est primordial. Certains M. ne veulent surtout pas avoir le minutage réel car cela pourrait influencer leur montage.

Donc pour résumer : Récurrent : Les monteurs souhaitent de vrais contacts, particulièrement avant et pendant le tournage, surtout quand le montage se fait en parallèle. Ne pas hésiter à entrer en contact les uns avec les autres. Un M. répond même que le premier intérêt de ce questionnaire aura été de lui donner l’idée d’organiser ces contacts !

RÉACTIONS ET COMMENTAIRES :

Il ressort que la réunion avant tournage avec tous les chefs de poste impliqués dans le tournage et/ou la post-production (monteur /scripte /ingénieur du son /réalisateur /directeur de production /prestataires divers /effets spéciaux / etc.) s’avère tout à fait essentielle.

Elle permet : d’anticiper les problèmes / que chacun parle de ses choix de méthode de travail par rapport à ce projet spécifique / de s’organiser au mieux avant la bataille

Ainsi de répondre à des questions du type : comment va travailler l’ingénieur du son ? Comment organisera-t-on les playbacks ? Comment numéroter et faire le clap en cas de multicaméras ? Quels TC sont vraiment utiles à noter ? Qui se chargera de prendre les données utiles aux trucages et effets spéciaux ? Qui synchronise les rushes ? / etc.

Il a été constaté que lorsque la demande de cette réunion est exprimée, souvent par la scripte, le monteur ou l’assistant-réalisateur (mais rarement par le directeur de production), tout le monde trouve que « c’est une bonne idée » et une fois la réunion faite, tous les participants sont convaincus de son indispensable nécessité. Les directeurs de production étant généralement débordés avant le tournage, il ne tient qu’à nous que cette réunion ait lieu.

Des monteurs proposent même que, lors de cette réunion, soit envisagée la livraison régulière par leur assistant d’un DVD d’environ 20mn, rassemblant les meilleures prises, dans l’ordre, synchronisées, afin de permettre à l’équipe de voir les rushes ensemble sur le plateau.
Auquel cas la présence d’un assistant monteur dès le début du tournage sera nécessaire

B) Les rapports montage ou précisément rapports « scripte » :

Leurs informations sont toujours consultées de manière très générale par les M. et/ou leurs assistants et/ou les réalisateurs (entrées dans l’Avid par l’assistant et/ou réunies dans les classeurs traditionnels)

Consultation avant tout (forte proportion) pour les notes spécifiques concernant chaque prise et les notes concernant le son mais aussi pour la description du plan et plus rarement pour le minutage de la prise, la focale, ou la distance

NB : Ne pas oublier d’identifier et dater tous les doc ! (pour classement efficace)

Donc intérêt premier : les commentaires sur les prises :

· Cerclage : C’est encore très utile et même indispensable, d’autant quand il y a beaucoup de matériel, pour faire des pré-sélections… Ne pas perdre cette bonne habitude traditionnelle
· Très important de noter les remarques du réalisateur (même s’il peut changer d’avis au montage : on garde ainsi trace de sa première impression)
· Ainsi que celles des cadreur/chef op/et ingé son et les commentaires personnels du scripte (même si on choisira ensuite de ne pas en tenir compte …)
· Remarques techniques bien sûr car tout ne se voit pas sur l’Avid (flou, perche, fausse teinte, etc.), « alertes raccords » (même si on verra plus tard si c’est grave ou pas) et remarques d’ordre subjectif également (qui peuvent « nourrir l’imaginaire du monteur »).

Important de noter aussi ce qui concerne l’évolution de la séquence et du scénario (déjà signalé plus haut) : plans manquants, plans qui seront retournés, séquences terminées/complètes, suppressions, inversions, déplacements de séquences, etc.

Intérêt très important également pour les notes concernant le son :

· les rapports scripte sont souvent préférés aux rapports de l’ingénieur du son… ceux-ci étant toujours consultés mais pour connaître essentiellement le mode d’enregistrement (combien de pistes, combien de HF, sur qui, etc.)
· Souhait que le rapport scripte soit une synthèse pour tout ce qui concerne le son. Il est très bien de noter, sur le rapport du plan concerné ou pour la séquence donnée, les sons seuls texte (pas les sons seuls bruits et les ambiances). Bien de noter aussi la bob son ou le CD si Kantar… Et bien sûr si le plan est muet !!!

· Modifications de dialogues : noter modif, erreurs, rajouts, impros…(important à priori à noter car le M. n’a pas les dialogues sous les yeux en montant la séquence et de grosses erreurs peuvent se glisser ainsi…).

Encore de l’intérêt à trouver la description du plan : Degré de description : l’essentiel : la valeur du plan et l’essentiel des actions et mouvements de caméra

Croquis / schéma ? : dans certains cas (ex : sens des mouvements de caméra portées bougeant en continu / implantation des caméras quand il y en a plusieurs…) Référence de la bobine, cassette ou carte originelle : sont des notations appréciées des M. 

Focale, distance : certains M. les souhaitent toujours.
De plus souhait exprimé par certains M. de changer de n° et de feuille quand changement de focale… (pour les autres monteurs, il suffit de bien indiquer seulement le changement sur la ligne de la prise)

Minutage des prises : en général jugé peu utile si ce n’est pour naviguer plus rapidement sur les machines

Souhait supplémentaire : s’assurer que le montage aura tous les documents dans les temps  :
Attention de faire un certain suivi car souvent les rapports séjournent à la régie et arrivent trop tard au montage
Faire suivre au montage les feuilles de service, pages modifiées du scénario, plan de travail… tout cela est utile pour les M. 

NB : Découpage noté sur un scénario (« à l’américaine ») : apprécié de manière très minoritaire par certains M. mais ils savent que ce n’est pas la pratique courante en France. Ce n’est pas une demande. Mais si cela est fait, cela doit l’être au fur et à mesure du tournage des séquences, sur des feuilles du scénario vierges de toute autre notation, qui seront rassemblées ensuite.

Donc pour résumer : · Les rapports scripte restent un élément fondamental d’info du montage.
· Et, remarque récurrente : servent à confronter le réalisateur à la réalité en lui montrant qu’il a rêvé certains plans…
· Les M. trouvent formidable d’y trouver le maximum de données, côté image et son. Que le maximum soit centralisé sur un même rapport leur est très utile !
· L’important n’est pas de se fatiguer à (mal) faire un rapport scripte mais de le faire bien (sinon le M. s’en passera…)
· Un monteur propose même : création d’un logiciel de rapports scripte avec base de données intégrée

RÉACTIONS ET COMMENTAIRES :

La première réaction fut au sujet de l’idée du logiciel de rapport scripte, à remplir sur le plateau au moment du tournage, et qui pourrait permettre de rentrer dans l’Avid presque en temps réel les commentaires et autres infos concernant le plan. Les scriptes expliquent que dans la réalité du plateau travailler sur ordinateur est très compliqué et que rien ne remplacera la main, le crayon et le papier. La réactivité des scriptes en serait ralentie. De plus on constate par exemple que l’ingénieur du son rencontre régulièrement des problèmes informatiques avec son Kantar : ceci est bien la preuve que l’informatique sur un plateau (lieu où l’on n’a pas le temps par définition) peut surtout compliquer la vie !

Plusieurs monteurs signalent que leurs assistants entrent dans l’Avid les commentaires que nous mettons à chaque prise. Ainsi tout au long du montage ils peuvent relire sur leurs écrans ces informations. D’autres préfèrent se référer à leurs classeurs toujours proches. Chacun choisit sa méthode…

La prise cerclée est avant tout une décision de mise en scène et ne peut être uniquement technique. Ainsi, à priori, il ne faut pas cercler les prises bonnes au son (ou à l’image) si elles n’ont pas été expressément choisies par la mise en scène (mais il est important de signaler bien sûr qu’elles sont bonnes pour le son ou l’image).

Il est avant tout utile de noter sur le rapport scripte : les remarques de mise en scène, les prises cerclées, les modifications de texte… Donc, avant tout, toutes les infos de l’ordre de la mise en scène, du découpage et de la continuité. Plus le M. trouvera d’informations de ce genre moins il y aura de questionnement en salle de montage.

Les scriptes précisent : par contre, le rapport scripte ne peut servir de synthèse à toutes les infos techniques ! Il existe pour cela le rapport image et le rapport son.

Les scriptes soulignent que leur travail doit consister avant tout à se concentrer sur la collaboration à la mise en scène et à être les représentants du montage sur le plateau. Le rapport scripte est l’outil privilégié de communication, le lien, avec le montage. Par contre, beaucoup de scriptes estiment que les rapports image et le mouchard ne devraient plus être à leur charge car ils les éloignent de leurs préoccupations essentielles.

C) Les rapports image :

Ces rapports sont toujours consultés (100%), par les assistants lors de la digitalisation (pour vérifier que "tout est là") Les monteurs les regardent rarement (sauf en cas de problème ou de doute)

A propos des TC en HD : cela dépend du support (K7, carte mémoire…) et du projet.
Réponses partagées : prise de TC de début de chaque plan ou davantage ou pas du tout…
NB : Nécessité d’un pré-roll assez long utile au moment de la digitalisation

Cerclage des prises : Toujours voulu des M. car cela signale les prises qui seront synchronisées (même si dans certains cas tous les rushes seront synchronisés).

Informations souhaitées : vitesse caméra, effet, clap, plan muet Les notations de métrages semblent encore utiles, même s’il n’y a plus guère de tirage…
(il y a même une remarque : cela sert à estimer la longueur des plans à truquer)

RÉACTIONS ET COMMENTAIRES :

Petite précision concernant les tournages en HD ou autre support non-film : les monteurs insistent sur le fait qu’ils préfèrent travailler en REC RUN plutôt qu’en FREE RUN, qu’ils peuvent tout à fait se passer des TC et se repérer sur les claps traditionnels à partir du moment où ils sont bien faits (correctement numérotés, cadrés et éclairés…). Il est donc indispensable de faire des claps et/ou identif pour chaque caméra. Et si les machinos sont tous occupés, il faudrait compter pour cela sur notre assistante… Faire des claps corrects est toujours valable aussi pour les tournages en pellicule…

Les scriptes insistent sur le fait que les informations de trucage ne doivent pas leur incomber. Les équipes SFX sont assez nombreuses en général pour se charger de cela. Il arrive que les truqueurs demandent les rapports montage aux monteurs afin de connaître la focale utilisée pour le plan. . Bien veiller à ce que les prises cerclées soient précisément les mêmes sur les rapports scripte et image sinon les monteurs se réfèreront aux rapports scripte. Si ce sont les assistants caméra qui s’occupent des rapports, raison de plus de bien leur transmettre l’info.

Un monteur d’origine irlandaise est très surpris de voir qu’en France les rapports image sont à la charge des scriptes !

D) La numérotation des plans :

A presque 100%, la numérotation « à la française » dans l’ordre du montage est préférée.
De plus, l’Avid classe les plans et le M. obtient très vite ainsi une vue globale de la séquence.
Mais si la scripte pratique la méthode du scénario fléché, la numérotation peut alors se faire dans l’ordre du tournage.

Faire des numéros les plus simples possibles

Pour la digitalisation il semble qu’il faille éviter de mettre des lettres dans les n° de séquences

Tournage à plusieurs caméras : · Important : la caméra A (ou 1) doit être la caméra principale, les autres étant celles d’axes supplémentaires

· Pour l’Avid, identifier plutôt la caméra après la prise : Donc noter les caméras par A/ B/ etc. en fin de n° (ou même plutôt caméra 1/2/etc. car les real ont davantage tendance à les appeler ainsi…)

Tournage de plusieurs épisodes à la fois
L’épisode peut se marquer par 1 / 2 / 3 etc. en tête de n° (ex : 1001 si il y a plus de 99 séquences)

Donc ordre souhaité : Ep/sq/plan/prise/cam

RÉACTIONS ET COMMENTAIRES :

 Les lettres ne sont gênantes (avis contraire à celui ressortant de la synthèse)

 Les apostrophes par contre sont à éviter, ainsi que les Bis et Ter.

 Au lieu de donner un numéro 1A à un plan qui a été rajouté en fin de tournage et qui devra s’insérer au montage entre le 1 et le 2, il est plus souhaitable de numéroter ce plan avec le dernier numéro encore libre pour cette séquence (même si c’est le 7) et de signaler sur le rapport scripte la place qu’il devra vraiment avoir dans le montage.

E) Les raccords :

Toutes les remarques vont dans le même sens :

· Plutôt que le verre vide ou plein et le col du comédien, penser raccords rythme de marche et d’action, énergie, jeu et bien sûr regards
· Attention à ce qu’il y ait suffisamment de chevauchements image et son / d’entrées et sorties de champ
· Attention aux raccords geste sur parole
· Et avoir surtout une vraie participation au découpage (donner des idées de plans, de variantes, proposer des petits plus…)

RÉACTIONS ET COMMENTAIRES :

Oh oui ! Les raccords de rythme… si importants !

Les raccords de rythme de danse  : il peut être utile de faire mettre des oreillettes avec retour musique aux danseurs au premier plan pour assurer le bon rythme et que les autres danseurs puissent les imiter.

Les raccords de niveau sonore dans le jeu des acteurs : exemple dans les séquences de boîte de nuit ou tout lieu à fort niveau sonore, penser à ce que les acteurs poussent leurs voix comme dans la réalité…

Les raccords d’axe regards  :

 Attention au passage d’axe ! Cela gêne encore souvent au montage.

 Si le réalisateur le souhaite, le/la scripte doit veiller à amener au mieux ce passage d’axe et à bien vérifier auprès du réalisateur qu’il sait ce qu’il fait et pourquoi il le fait.

 Réagir vivement si l’on entend dire « s’il y a un problème, on flippera l’image » car le décor flippera aussi, bref la conscience de l’espace sera perdue...

 Si l’on tourne avec de nombreuses caméras, il est quasiment sûr qu’elles ne pourront pas toutes respecter l’axe. Donc : bien penser à ce qu’il y ait au moins quelques-unes d’entre elles qui garantissent les bons regards !

 Penser aussi à mettre des amorces pour faciliter les sauts d’axe.

 Il est de toute façon important de signaler le saut d’axe sur le rapport scripte.

F) Les films sans scripte :

Vos réactions : Cela arrive bien sûr sur les documentaires mais très rarement en fiction. Réaction quasi générale : No comment ! Impossible !

Pour le monteur (et son assistant), si le film s’est fait sans scripte :

· généralement problèmes de plans manquants, de continuité, erreurs de raccords…
· le contact avec le matériel sera beaucoup plus long et compliqué
· la démarche professionnelle sera différente
· la relation scripte/réalisateur peut augurer de la relation
monteur/réalisateur : un réalisateur qui croit tout savoir et croit pouvoir se passer d’une scripte risque d’être peu ouvert aux propositions de son monteur…

· NB : si les fonctions de scripte sont confiées à une 3ème assistante, celle-ci en sera d’autant moins écoutée…
· NB : Attention ! Si la/le scripte fait mal son travail, le film paraît avoir été tourné sans elle/lui !

Pourtant… Une réflexion intéressante d’un monteur :

· Il est aujourd’hui « techniquement » possible de se passer de la/du scripte : cf. aide apportée par le combo / travail réparti entre les autres techniciens /etc.

· Mais le/la scripte est important-e pour ce qu’elle/il apporte de plus : vision globale / gain de temps / plus value artistique et humaine.
· Donc (citation de la réponse de ce monteur) : « Ne pas être une simple secrétaire de plateau plombée devant son combo, lestée par tous ses cahiers ou encore une obsessionnelle du raccord au détriment du jeu, du rythme, de la psychologie de chacun, des particularités du film et du réalisateur »

RÉACTIONS ET COMMENTAIRES :

Réaction unanime des monteurs : il est certain qu’un film fait sans scripte donnera plus de travail en salle de montage et qu’on rencontrera beaucoup de problèmes de continuité et de raccords en tout genre.
Mais le/la scripte n’est pas qu’un collaborateur technique. Le plus important c’est la personne, sa sensibilité, son regard, sa créativité, sa réactivité.

Attention ! Il y a toujours eu des films faits sans scripte (ex. Rohmer)… et il n’y en a peut-être pas plus aujourd’hui qu’autrefois…

Pourquoi un réalisateur choisit-il de faire un film sans scripte ? Les raisons à cela sont en général d’ordre personnel :

 Une mauvaise expérience passée entre le réalisateur et sa/son scripte…

 Certains réalisateurs se sentent très vite dépossédés de leur film et redoutent d’entrer dans une discussion créatrice avec un collaborateur aussi proche qu’un/une scripte…

 NB : au montage, ce type de réalisateurs peut estimer n’avoir besoin que d’un assistant-monteur. Ils ont souvent du mal à formuler leurs souhaits et préfèrent « triturer » eux-mêmes leur film.

Certains films à petit budget pensent pouvoir économiser sur le poste de scripte : On regroupe les postes assistant-réalisateur/scripte ou costumier/scripte alors que l’on peut comprendre plus aisément de regrouper décorateur/costumier. Parfois sont regroupés monteur/scripte, ce qui semble avoir plus de sens mais il s’agit pourtant de deux métiers bien différents ! Or ces films sont souvent ceux qui ont un besoin primordial du regard de la /du scripte !

*****

Conclusion générale de la part des Monteurs :

· Le travail des scriptes est précieux et indispensable · Relation rêvée : particulièrement tout ce qui concerne nos contacts (réunion avant le tournage, et, tout au long, une relation de confiance et de dialogue sans crainte et sans reproche…)

Conclusion générale de la part des Scriptes :

· La réflexion de ce soir servira certainement à mieux travailler ensemble
· Mais attention à ce que nos fonctions ne se focalisent pas sur les rapports ! Nous devons garder l’esprit tourné avant tout sur la collaboration à la mise-en-scène et le lien à faire entre celle-ci et le montage
· On n’a pas pu débattre de toutes les questions ici, mais il suffira de les aborder lors de la réunion préliminaire que nous ne manquerons pas de faire organiser sur nos prochains tournages…
· Exemple de contacts fructueux inter-associations