Réunion mensuelle du jeudi 20 octobre 2022
La réunion s’est tenue chez Anaïs Delpierre - merci à elle !
1. APPEL AUX ÉTATS GÉNÉRAUX DU CINÉMA
2. RÉINDEXATION DES SALAIRES DE L’AUDIOVISUEL
3. COLLOQUE « LE DETAIL A L’ECRAN » A L’UNIVERSITÉ D’EVRY
4. DOSSIER « HARCÈLEMENT »
5. SYLVIE KOECHLIN À L’HONNEUR AU FESTIVAL DE VALENCIENNES
6. PROJET D’INTERVIEW D’ODILE LEVASSEUR
7. DEMANDES D’ADHÉSION DE SCRIPTES EUROPÉENNES
8. PODCASTS SUR LE MÉTIER DE SCRIPTE
9. DIVERS
10. MINUTE CULTURELLE
A cette réunion, étaient présentes : Manon Bernard, Virginie Cheval, Valérie Chorenslup, Laura Cordeboeuf, Anaïs Delpierre, Brigitte Schmoucker et Bénédicte Teiger.
Ainsi que par zoom : Christine Ferrer, Violaine Grillas et Antonia Olivares.
Dommage qu’aussi peu de personnes extérieures au bureau soient présentes… Rappelons encore une fois que les réunions mensuelles, ouvertes à tous.tes, permettent à chacun.e de donner son avis sur les questions qui animent LSA. Voulons-nous (comme à l’AFAR et l’AFSI, par exemple) d’un bureau élu qui décide de tout ?
1. APPEL AUX ÉTATS GÉNÉRAUX DU CINÉMA
Le jeudi 6 octobre avait lieu l’appel aux états généraux du cinéma, à l’Institut du Monde Arabe. Cet évènement a réuni plus de 2000 personnes, sur place et en ligne.
L’objectif de cette journée était d’inviter l’ensemble de la filière à initier une réflexion collective sur la crise qui traverse actuellement le cinéma, et d’interpeller les pouvoirs publics à ce sujet. Parmi les sujets qui inquiètent : la diminution spectaculaire des spectateurs en salles (-30% par rapport à 2019), les plateformes et la chronologie des médias, la suppression de la redevance TV, la politique menée par le CNC…
Cet appel faisait suite à une tribune publiée dans Le Monde pendant le Festival de Cannes, à l’initiative d’un collectif de producteurs, réalisateurs et acteurs.trices. Son titre était « Les choix politiques de nos institutions fragilisent gravement le cinéma ».
Pour plus d’informations sur le contenu de cette journée du 6 octobre, vous pouvez lire/relire le compte-rendu précis rédigé par Angèle Pignon et Emilie Delaunay (envoyé sur Cris 12 octobre).
ICI également le lien vidéo de ces interventions à l’IMA
ICI celle d’Agnès Jaoui
Le mouvement va-t-il prendre de l’ampleur ou s’essouffler ? Pour l’heure, le gouvernement n’a pas réagi.
LSA doit-elle prendre position sur le sujet ? Et pour dire quoi précisément ? N’hésitez pas à vous prononcer sur la liste !
Lors de cette réunion mensuelle, nous avons évoqué la posture qui consiste à dénigrer systématiquement les plateformes. Nous avons aussi débattu du prix de la place de ciné, du trop grand nombre de films en salles et des attentes des spectateurs. Enfin, quelles différences entre une « oeuvre cinématographique » et un « programme audiovisuel » ? Par exemple, La Nuit du 12 de Dominik Moll aurait-il pu être un téléfilm ?
Du côté des autres associations, on peut citer l’analyse de l’AFSI : par ici
Valérie Chorenslup nous apprend qu’en mars 2018, les Suisses avaient voté non à 71% lors d’une votation qui portait sur la suppression de la redevance TV, pour défendre la qualité des programmes.
2. RÉINDEXATION DES SALAIRES DE L’AUDIOVISUEL
La revalorisation des salaires dans l’audiovisuel fait l’objet d’un bras de fer entre les syndicats (CGT, CFDT et CFTC) et les producteurs depuis plus d’un an. Le SNTPCT a rejoint la mobilisation début octobre.
Les écarts de salaires entre la production audiovisuelle et la production cinématographique sont de plus en plus probants. A cela s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat liée à l’inflation…
A ce sujet, il est utile de relire ICI l’étude de l’AFAR concernant l’évolution du salaire de l’assistant-réalisateur
Voilà un autre graphique, réalisé par le Spiac-CGT :
Au milieu du graphique, le salaire hebdomadaire sur une base de 39h pour la fiction « lourde » au poste de scripte. Si les salaires de la production audiovisuelle avaient suivi l’évolution des salaires du cinéma (+12,4 % depuis 2008), le ou la scripte toucherait 95,65 euros de plus par semaine. Si le salaire au poste de scripte avait suivi la courbe de l’inflation (+ 16,6% depuis 2008) l’augmentation hebdomadaire serait de 141,03 euros.
La grève du 18 octobre dernier avait pour objectif d’interpeller nos employeurs ainsi que le gouvernement sur les salaires, mais aussi concernant l’assurance chômage, les retraites et les budgets culturels des collectivités.
A LSA, un seul exemple de mobilisation a été reporté, celui des techniciens de la série Furies, pour Netflix. Merci à Juliette Baumard pour ce témoignage.
On peut regretter que la grève ait eu lieu le mardi suivant une manifestation « contre la vie chère et l’inaction climatique » qui avait lieu le dimanche 16 octobre, à l’initiative de la Nupes. Manifestation à laquelle les syndicats n’ont pas souhaité se joindre (ni la CGT, ni FO, ni Solidaires…)
Nous débattons en réunion mensuelle de l’utilité de faire grève. N’est-il pas plus facile de faire grève actuellement, le contexte étant favorable aux intermittents, vu les nombreux tournages ?
Rappelons également que le SPIAC-CGT a ouvert un groupe sur l’application Discord. Cela ressemble à un forum où chacun.e (syndiqué.e ou non) est invité à débattre et poser ses questions. Il faut pour cela se créer un compte sur Discord, puis rejoindre le groupe SPIAC CGT. ICI
On en profite pour faire un point sur le groupe revalorisation. Christine Ferrer et Bénédicte Teiger ont eu un entretien fin septembre avec Christophe Pauly et Ségolène Dupont du CPNEF (Commission Paritaire Nationale Emploi Formation). Un nouveau rendez-vous va prochainement avoir lieu avec Baptiste Heynemann, de la CST. Des retours sont attendus, notamment de l’historienne Fanny Gallot. Se dessine également l’espoir de se voir rallonger l’aide promise par Agnès Saal, du Ministère de la Culture. D’autres pistes de financement de l’étude sont toujours en réflexion.
3. COLLOQUE « LE DETAIL A L’ECRAN » A L’UNIVERSITÉ D’EVRY
Olivier Caïra, un des deux organisateurs du colloque, avait contacté LSA pour nous inviter à participer à une table-ronde qui a eu lieu le lundi 17 octobre. Intitulé « Le détail à l’écran - goofs, cameos, easter eggs et autres regards obliques », ce colloque sur deux jours réunissait des scruteurs d’images de toutes sortes, passionnés de détails, de faux raccords et de clins d’oeil nichés dans les films et les séries.
Sceptiques au départ, Anaïs Delpierre et Valérie Chorenslup se sont prêtées au jeu en participant à un débat intitulé « la chasse aux goofs change-t-il les métiers de la fiction audiovisuelle ? ». Elles ont été invitées à parler du métier de scripte aujourd’hui, à évoquer les rapports de force, la division du travail et les enjeux financiers en production et post-production. On leur a ensuite demandé quels étaient les raccords qui comptaient vraiment à l’écran, et ce qu’elles pensaient des goofs relevés sur internet ou dans des émissions comme « Faux Raccord » sur Allociné. Enfin, elles ont parlé des différentes manières d’exercer le métier, selon qu’on travaille en France ou aux Etats-Unis, au cinéma ou à la télévision…
Anaïs et Valérie ont ainsi eu l’occasion de parler du métier de scripte à un public de cinéphiles, majoritairement des jeunes. Leur intervention a suscité beaucoup de questions et d’intérêt.
Pour en savoir plus sur ce colloque : cliquez ici
Pour mémoire, Valérie Chorenslup et Nathalie Alquier avaient déjà été interviewées par Olivier Caïra dans le cadre de la publication du livre « Le Goof au cinéma », paru en 2020 aux éditions L’Harmattan :ICI
4. DOSSIER « HARCÈLEMENT »
Le lundi 3 octobre avait lieu à la CST la table-ronde « Harcèlement, où en est-on en 2022 ? », à l’initiative de LFA - Les Femmes s’animent, association de femmes travaillant dans les métiers de l’animation.
Parmi les invités, Agnès Saal (Haut fonctionnaire à l’égalité, la diversité et la prévention des discriminations du Ministère de la Culture) Isabelle Mathieu (avocate au barreau de Paris) et Nadia Bouvart (lutte contre les VHSS, Audiens).
Merci à Laurence Couturier pour le compte-rendu partagé sur Cris le 3 octobre. Pour info, le replay de cette table-ronde est toujours disponible : par ici
Manon Bernard et Angèle Pignon se sont proposées pour recueillir la liste des membres qui souhaitent suivre la formation Lutte contre les violences et le harcèlement (VHSS) dispensée à la CST sur une, deux ou trois journées. Actuellement, 19 membres LSA se sont montré.es intéressé.es. Les dates proposées seront connues début 2023, et les formations scindées en deux ou trois groupes (normalement, entre 5 et 12 personnes sont accueillies par session de formation). La formation est prise en charge par l’AFDAS sans consommer les « crédits » acquis au titre du droit à la formation.
Lors de la réunion mensuelle, nous discutons de savoir si le poste de scripte est le mieux adapté à un rôle de référent anti-harcèlement : oui dans le sens où nous côtoyons tous les postes sur le plateau, mais attention à ne pas nous laisser enfermer dans le stéréotype des femmes qui seraient par essence plus à l’aise dans les domaines du soin et de l’écoute. Que chacun.e se sente libre d’endosser ce rôle ou non !
Laurence Couturier suit également pour LSA, au sein de l’inter-association, le dossier concernant la création du poste de « coordinateur d’intimité ».
5. SYLVIE KOECHLIN À L’HONNEUR AU FESTIVAL DE VALENCIENNES
Le festival de Valenciennes a eu lieu du 23 au 28 septembre. Comme chaque année, il proposait un focus sur les métiers du cinéma. A l’honneur cette année, un monteur et une scripte : Paul Hirsch (monteur entre autres de George Lucas et de Brian de Palma) et Sylvie Koechlin, membre de LSA et scripte sur des films de Claude Zidi, Jean-Jacques Beineix, Claude Lelouch, Pascale Ferran, Nicole Garcia… et tant d’autres !
Sylvie Koechlin a animé une masterclass sur le métier de scripte et s’est vue proposer une carte blanche de 6 films. Elle a également reçu un trophée d’honneur lors de la soirée, en présence d’Anne Le Ny et Philippe Le Guay.
6. PROJET D’INTERVIEW D’ODILE LEVASSEUR
LSA propose de réaliser, sous l’égide de la CST, un entretien croisé avec Odile Levasseur. Une manière de rappeler l’historique du développement de l’application, de réaffirmer nos liens de partenariat mais aussi de rappeler le cadre d’utilisation de l’application et nos réserves.
Le développement du module photos ou autres extensions peuvent donner les outils pour un imperceptible glissement de notre cœur de métier vers des attributions annexes qu’il faudrait interroger. L’interview permettrait à LSA de faire exister officiellement notre point de vue et nos mises en garde sans pour autant intervenir dans l’évolution de la société Cineklee qui reste notre partenaire privilégié.
La semaine dernière, une réunion s’est tenue entre Odile et plusieurs scriptes LSA à propos de l’extension permettant à Cineklee de générer des rapports montage. Cette réunion a été l’occasion de présenter de nouvelles fonctionnalités, de faire remonter des problèmes techniques mais aussi de rappeler les préoccupations éthiques de LSA à ce sujet.
Il s’agirait dans un premier temps d’une version bêta, qui pourrait ne pas être labellisée LSA tant qu’elle n’aura pas été présentée et soumise au vote en AG.
Pour rappel, une bourse a été prévue dans le cadre du partenariat LSA/Cineklee pour permettre à des scriptes de l’association qui auraient épuisé leurs droits AFDAS de se former gratuitement au logiciel CineKlee.
7. DEMANDES D’ADHÉSION DE SCRIPTES EUROPÉENNES
LSA a reçu deux demandes d’adhésion de scriptes européennes, l’une résidant en Belgique et l’autre en Suisse. Le bureau a poliment décliné leurs adhésions au motif que les cadres légaux qui régissent leurs tournages ne sont pas les mêmes qu’en France, et que l’éloignement ne favorisait pas une implication effective au sein de l’association.
Cette situation pourrait faire l’objet d’un débat en AG, et constitue un sujet de réflexion pour le groupe de travail de l’atelier « critères d’admission ».
Nous avons également été contacté.es par Maya Amalak, une scripte qui n’a pas pratiqué depuis une quinzaine d’années, devenue professeur et réalisatrice de films documentaires. Elle souhaitait des conseils pour renouer avec la pratique au poste de scripte, en prévision du projet de long-métrage d’un ami réalisateur. Fanny Picon l’a rencontrée et nous en dira plus prochainement.
8. PODCASTS SUR LE MÉTIER DE SCRIPTE
L’Association La Cité européenne des scénaristes a lancé il y a un an un podcast intitulé « Et le scénario » : par ici
On y parle de la relation de divers métiers avec le scénario : les cascadeurs, les ingénieurs du son, les compositeurs, les monteurs… Et pour leur prochain épisode intitulé « la scripte et le scénario » c’est Isabelle Ribis qui a participé. Le podcast sera diffusé le 30 octobre. Nous vous tiendrons informé.es lorsqu’il sera en ligne.
Autre podcast : « Le Lab - Femmes de Cinéma », animé par Fabienne Silvestre, qui a pour but de donner la parole à des femmes travaillant dans le cinéma, pour partager leurs parcours, leurs manières d’exercer leur métier et leurs expériences. Après Sylvette Baudrot l’année dernière, Virginie Cheval y a participé pour parler du métier de scripte. cliquez ici !
9. DIVERS
Pour rappel, divers ateliers suivent leur cours au sein de LSA : revalorisation, négociation, critères d’admission, CineKlee, un duo/un film, inter-association… N’hésitez pas à rejoindre les groupes de travail qui vous intéressent et n’oubliez pas de réactiver le réseau si nécéssaire. Et surtout, tenez-nous au courant de vos avancées !
Autre rappel : LSA étant adhérente à la CST, les membres qui souhaitent assister aux projections organisées par la CST peuvent bénéficier d’un tarif préférentiel. Si vous souhaitez devenir membre de la CST, le fait d’être adhérent.e à LSA vous permet également de bénéficier d’un tarif préférentiel sur le montant de la cotisation (50 euros par an au lieu de 100).
Nous avons appris la fermeture prochaine des 400 coups, restaurant de la Cinémathèque et lieu de convivialité bien connu à LSA… Un nouveau restaurant y ouvrira ses portes au mois de mai. D’autre part, la Cinémathèque va prochainement disposer d’une nouvelle salle dans les locaux de la BNF.
10. MINUTE CULTURELLE
Quelques films évoqués et appréciés : Novembre de Cédric Jimenez, Tout le monde aime Jeanne de Céline Devaux, Leila et ses frères de Saeed Roustaee, Sans filtre de Ruben Östlund (déconseillé aux émétophobes !) Everything Everywhere All at Once de Daniel Scheinert et Daniel Kwan
Des séries également : The Crown, Yellowstone
Des docu : Poulet Frites de Jean Libon et Yves Hinant, Mon pays imaginaire de Patricio Guzman, Moonage Daydream de Brett Morgen
Côté expos : Frida Kahlo au Musée de la mode, Sally Gabori à la Fondation Cartier
Côté lectures : Les Expatriés de Sonia Devillers, Chavirer de Lola Lafon
Côté podcasts : Gene Kelly et moi, 13 Novembre : trois voix pour un procès, et encore et toujours Les Pieds sur terre, Affaires sensibles… Merci le service public !!!
CR rédigé par Virginie Cheval
Et relu par Laura Cordeboeuf et Valérie Chorenslup